Publié le 17/01/2017

La toiture de l'école Aimé Césaire

La toiture de l'école Aimé Césaire à Nantes a fait l'objet d'aménagements pour le moins originaux ! Il s’agit d’une toiture végétalisée qui fait office de cour de récréation, pour le bonheur des plus petits mais aussi des minuscules.

La végétalisation des toitures est un outil d’aménagement urbain reconnu pour augmenter les surfaces d’espaces verts, améliorer le microclimat et le fonctionnement hydrologique local (gestion des eaux de pluie) et augmenter de la biodiversité. A ce titre, de nombreuses toitures ont été végétalisées en utilisant essentiellement des végétaux capables de résister aux conditions hydro-climatiques particulières rencontrées sur ces milieux : les sédums. 

Sur ce toit, deux écosystèmes ont été recrées : la dune et la lande.

Le Service des Espaces Vert de l’Environnement (SEVE) de Nantes a sollicité le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire afin qu'il mette en place un suivi de la colonisation de la toiture végétalisée par les insectes arthropodes en parallèle du suivi de la végétation réalisé par le SEVE. Ces suivis réalisés de 2013 à 2016 avaient pour objectifs de déterminer si les écosystèmes étaient fonctionnels : c'est-à-dire de déterminer comment les invertébrés colonisent la toiture.

Un inventaire complet de la faune présente sur le toit étant inenvisageable, les études se sont alors concentrées sur deux groupes considérés comme indicateurs du fonctionnement de l’écosystème, et présentant des espèces spécialisées sur les dunes et les landes : il s'agit ici des araignées et des coléoptères carabiques. Les relevés ont été réalisés par piégeage (barber), aspiration (D-VAC) et filet fauchoir.

Evolution de la richesse spécifique d'araignées et de carabiques dans la lande et sur l'ensemble du site

Il apparaît que la colonisation de la toiture a été rapide pour les araignées, qui utilisent leurs fils pour se déplacer à l’aide du vent, mais beaucoup plus lente pour les carabiques ailés. Cela correspond aux connaissances acquises sur ces deux groupes qui montrent que les araignées colonisent plus rapidement les milieux perturbés que les carabiques.

Par ailleurs, on constate que les populations et assemblages d’espèces sont encore loin d’être stabilisés. Suivant les années, on observe de grandes variations quant au nombre d’espèces présentes sur le site et leur abondance et ces variations semblent soumises aux aléas climatiques. Ce constat est renforcé par les observations de groupes non pris en compte dans l’étude.

La présence d’espèces spécialistes des milieux suggérés est très encourageante. Toutefois, la faible représentation des espèces de milieux dunaires ne permet pas de confirmer que la dune du toit d’Aimé Césaire se rapproche de ce que pourrait être une dune naturelle. En revanche, le développement et le maintien des Araignée-crabe (Runcinia grammica) dans la lande démontrent que les conditions sont favorables aux espèces de lande. Les résultats de l’étude suggèrent aussi que le secteur dune est moins favorable à la faune invertébrée que le secteur lande (probablement en lien avec l’absence de litière végétale dans ce secteur).

Il convient cependant de relativiser ces résultats car une étude du Museum d’Histoire naturelle de Nantes sur les abeilles sauvages de la toiture Aimé Césaire a démontré que le secteur dune était favorable à ces dernières.